Votre locataire accumule les retards de paiement ? Vous constatez des dégradations dans votre bien ? Vous ne savez pas par où commencer pour faire valoir vos droits ? Le commissaire de justice (anciennement huissier) constitue un maillon essentiel dans la protection de vos intérêts de bailleur. En tant qu’avocate en droit des baux d’habitation, je travaille en coordination avec ces professionnels pour sécuriser vos démarches et optimiser vos chances de succès.

Huissier ou commissaire de justice : de quoi parle-t-on aujourd’hui ?

Depuis le 1er juillet 2022, les huissiers de justice et les commissaires-priseurs judiciaires ont fusionné pour former une profession unique : le commissaire de justice. Ce professionnel du droit, officier public et ministériel, dispose de compétences exclusives que nul autre ne peut exercer.

Dans le langage courant, le terme « huissier » reste utilisé. Les deux appellations désignent le même professionnel. Pour les bailleurs, cette fusion ne change rien aux missions essentielles : signifier des actes, réaliser des constats, procéder au recouvrement de créances et exécuter les décisions de justice.

Le commissaire de justice intervient sur tout le territoire de sa cour d’appel. À Marseille, plusieurs études sont compétentes pour accompagner les bailleurs dans leurs démarches.

Les missions utiles au bailleur

Le commissaire de justice remplit plusieurs fonctions qui intéressent les propriétaires de biens loués, qu’il s’agisse de baux d’habitation ou de locaux commerciaux.

Signification d’actes

La signification consiste à remettre un acte juridique à son destinataire de manière officielle et incontestable. Pour un bailleur, cette mission couvre plusieurs actes essentiels.

Le commandement de payer visant la clause résolutoire représente l’acte fondateur de toute procédure pour impayés. Il doit être délivré par commissaire de justice pour produire ses effets juridiques.

L’assignation en justice, rédigée par l’avocat, doit être signifiée au locataire par commissaire de justice pour saisir valablement le tribunal.

Le congé donné par le bailleur (pour vendre, reprendre ou pour motif légitime) nécessite une signification pour être opposable au locataire.

Constats

Le constat d’huissier constitue une preuve dont la force probante est reconnue par les tribunaux. Pour un bailleur, plusieurs types de constats s’avèrent utiles.

L’état des lieux d’entrée et de sortie peut être réalisé par commissaire de justice, ce qui lui confère une valeur probante supérieure à un état des lieux amiable en cas de litige.

Le constat de dégradations permet de documenter l’état du logement pendant le bail si vous suspectez des détériorations. Ces preuves seront précieuses devant le tribunal.

Le constat de troubles (nuisances, sous-location non autorisée, activité professionnelle interdite) établit la réalité des manquements du locataire.

Le constat d’abandon de domicile permet d’engager une procédure de reprise du logement si le locataire a quitté les lieux sans prévenir.

Recouvrement amiable vs judiciaire

Le commissaire de justice peut intervenir pour recouvrer les sommes dues par votre locataire selon deux modalités.

Le recouvrement amiable intervient avant toute décision de justice. Le commissaire contacte le débiteur, négocie des délais ou un échelonnement. Cette phase peut suffire à débloquer certaines situations.

Le recouvrement judiciaire s’appuie sur une décision de justice (ordonnance ou jugement). Le commissaire dispose alors de pouvoirs contraignants : saisie sur compte bancaire, saisie sur salaire, saisie de biens mobiliers.

Exécution : saisies et expulsion après décision

Une fois le jugement obtenu, le commissaire de justice est le seul habilité à procéder à son exécution forcée.

Pour les créances de loyers, il peut mettre en œuvre des saisies (saisie-attribution sur compte, saisie des rémunérations, saisie-vente de biens).

Pour l’expulsion, il délivre le commandement de quitter les lieux, puis procède à l’expulsion effective avec le concours de la force publique si nécessaire. Aucune expulsion ne peut avoir lieu sans décision de justice préalable.

Dans quels cas un bailleur à Marseille doit agir vite ?

Certaines situations exigent une réaction rapide pour préserver vos droits.

Impayés : dès le premier incident

Attendre plusieurs mois d’impayés avant de réagir constitue une erreur fréquente. Plus la dette s’accumule, plus le recouvrement devient difficile. Dès le premier loyer impayé, une relance écrite s’impose. Si le second loyer reste impayé, l’intervention d’un avocat et d’un commissaire de justice devient pertinente.

La délivrance rapide d’un commandement de payer présente plusieurs avantages : elle formalise votre créance, déclenche le délai légal et signale au locataire le sérieux de votre démarche.

Dégradations, troubles et occupation irrégulière

Si vous constatez des dégradations lors d’une visite, faites établir un constat sans tarder. Les preuves se dégradent avec le temps et le locataire pourrait tenter de dissimuler les dommages.

En cas de troubles de voisinage répétés, de sous-location non autorisée ou d’usage non conforme du logement, un constat d’huissier documente la situation avant d’envisager une résiliation du bail.

Combien ça coûte ? Tarifs réglementés vs honoraires libres

Les actes du commissaire de justice obéissent à deux régimes tarifaires distincts.

Les actes réglementés (significations, commandements, procès-verbaux d’exécution) suivent un tarif fixé par arrêté. Le coût dépend de la nature de l’acte et du montant en jeu. Ces frais sont en principe à la charge du débiteur (votre locataire) en cas de condamnation.

Les prestations libres (constats, recouvrement amiable, conseil) font l’objet d’honoraires négociés entre le commissaire et son client. Demandez un devis avant toute intervention.

Le coût d’un commandement de payer varie selon le montant de la créance. Un constat se facture selon le temps passé et la complexité. Votre avocat peut vous orienter vers les études pratiquant des tarifs raisonnables.

Les erreurs fréquentes des bailleurs (et comment les éviter)

Plusieurs erreurs compromettent les chances de succès d’une procédure.

Actes incomplets ou mal rédigés Un commandement de payer doit mentionner des informations précises : décompte détaillé, référence au bail, reproduction des clauses légales. Une omission peut entraîner la nullité de l’acte.

Mauvaise chronologie des démarches Chaque étape doit respecter un ordre et des délais. Assigner trop tôt ou trop tard (prescription) fragilise votre dossier.

Preuves insuffisantes Le bail, les quittances, les relances, les échanges de courriers : ces documents doivent être conservés et produits. Un dossier lacunaire affaiblit votre position devant le juge.

Tentative d’expulsion sans décision de justice Changer les serrures, couper l’électricité, retirer les affaires du locataire : ces pratiques sont illégales et exposent le bailleur à des poursuites pénales. Seul le commissaire de justice, muni d’un titre exécutoire, peut procéder à l’expulsion.

Quand l’avocat bailleur devient indispensable

Le commissaire de justice exécute des actes. L’avocat construit la stratégie et pilote la procédure.

L’avocat analyse votre bail pour identifier les clauses exploitables (clause résolutoire, solidarité, garanties). Il détermine la procédure adaptée : résiliation pour impayés, résiliation pour manquements, congé pour motif légitime.

Il rédige les actes juridiques (assignation, conclusions) et vous représente devant le tribunal. Il coordonne l’intervention du commissaire de justice pour que chaque acte soit délivré au bon moment.

Ce binôme avocat-commissaire de justice optimise vos chances : l’avocat sécurise le fond du dossier, le commissaire garantit la régularité des actes et leur exécution.

Questions fréquentes

Quel est le rôle d’un commissaire de justice pour un propriétaire ? Il signifie les actes (commandements, assignations, congés), réalise des constats à valeur probante, recouvre les créances et exécute les décisions de justice (saisies, expulsions).

Quelle différence entre huissier et commissaire de justice ? Aucune différence de missions. Depuis 2022, les huissiers de justice sont devenus commissaires de justice. Les deux termes désignent le même professionnel.

Un commissaire de justice peut-il expulser un locataire sans jugement ? Non. L’expulsion nécessite une décision de justice (ordonnance ou jugement). Le commissaire ne peut intervenir qu’avec un titre exécutoire.

Qui paie les frais de commissaire de justice ? En cas de condamnation du locataire, les frais d’actes réglementés sont mis à sa charge. Les honoraires libres (constats) restent à la charge du bailleur sauf décision contraire du juge.

Dans quels cas un bailleur doit-il faire appel à un commissaire de justice ? Dès qu’un acte doit être signifié (commandement, assignation, congé), qu’une preuve doit être constituée (constat) ou qu’une décision doit être exécutée (saisie, expulsion).

Prenez les bonnes décisions dès le départ

Face à un locataire défaillant, chaque jour compte. Une action rapide et bien coordonnée entre avocat et commissaire de justice maximise vos chances de récupérer votre bien et vos loyers.

Je vous reçois au cabinet pour analyser votre situation, définir la stratégie adaptée et coordonner les interventions nécessaires.

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