Lors d’un divorce, la rupture du mariage peut créer une disparité importante entre les conditions de vie des deux époux. La prestation compensatoire a pour objectif de compenser, autant que possible, ce déséquilibre. Elle peut être prévue dans un divorce amiable ou demandée au juge dans un divorce contentieux.

Son montant ne résulte pas d’un barème officiel. Il dépend de la situation concrète des époux, de leurs ressources, de leurs besoins et de l’évolution prévisible de leur niveau de vie. Le cabinet de Maître Aurélia Khalil, avocat en divorce à Marseille, accompagne chaque client dans l’évaluation, la négociation ou la contestation de cette demande.

Qu’est-ce qu’une prestation compensatoire ?

La prestation compensatoire est une somme ou un avantage attribué à l’un des époux afin de compenser la disparité que le divorce crée dans leurs conditions de vie respectives. Elle est réservée aux personnes mariées qui divorcent : elle ne peut pas être réclamée après la rupture d’un Pacs ou d’un concubinage.

Elle ne doit pas être confondue avec la pension alimentaire versée pour l’entretien et l’éducation des enfants, ni avec le devoir de secours pouvant être fixé entre époux pendant la procédure. La prestation compensatoire doit être demandée au cours de la procédure de divorce. Une fois le divorce devenu définitif, il est trop tard pour la solliciter.

Dans quels divorces peut-elle être demandée ?

Une prestation compensatoire peut être prévue dans tous les cas de divorce. Dans un divorce par consentement mutuel, son montant et ses modalités figurent dans la convention préparée par les époux et leurs avocats. Dans un divorce judiciaire, elle peut être fixée par le juge ou faire l’objet d’un accord homologué.

Comment calculer une prestation compensatoire ?

Il n’existe aucune formule légale obligatoire. Les méthodes de calcul parfois utilisées par les praticiens ne sont que des outils d’estimation. Le juge reste libre d’apprécier la situation à partir des critères de l’article 271 du Code civil.

Durée du mariage

L’ancienneté de l’union et la durée effective de la vie commune sont prises en compte.

Âge et état de santé

Le juge examine la capacité à travailler, l’état de santé ainsi que les besoins actuels et prévisibles.

Situation professionnelle

La qualification, l’emploi, les revenus et les perspectives d’évolution ou de retour à l’emploi sont étudiés.

Choix de vie du couple

Un temps partiel, une interruption de carrière pour élever les enfants ou le soutien apporté à la carrière de l’autre époux peuvent avoir une incidence.

Patrimoine

Les biens propres, communs ou indivis, les revenus du patrimoine et la situation après liquidation du régime matrimonial sont analysés.

Droits à la retraite

Les droits acquis et la perte éventuelle de droits liée aux choix professionnels effectués pendant le mariage sont pris en compte.

Les époux doivent produire une déclaration sur l’honneur certifiant l’exactitude de leurs ressources, revenus, patrimoine et conditions de vie. Cette transparence est indispensable pour permettre une évaluation fiable.

Quelles ressources et charges sont prises en compte ?

L’analyse ne se limite pas au salaire mensuel. Elle peut inclure les revenus professionnels, pensions, allocations, dividendes, revenus locatifs, avantages en nature, charges de logement, crédits, frais liés aux enfants et patrimoine disponible ou prévisible.

L’objectif n’est pas de garantir une stricte égalité de revenus après le divorce. Il s’agit de compenser une disparité imputable à la rupture, appréciée au moment du divorce et dans un avenir prévisible.

Comment la prestation compensatoire est-elle versée ?

Le capital versé en une seule fois

Le versement d’un capital est la forme privilégiée. Il permet de régler la prestation en une fois et de limiter les liens financiers futurs entre les anciens époux.

Le capital échelonné

Lorsque le débiteur ne peut pas payer immédiatement la totalité, le capital peut être versé périodiquement. L’échelonnement est en principe limité à huit ans. Les versements sont revalorisés selon les modalités prévues par le jugement ou la convention.

L’attribution d’un bien ou d’un droit

Dans certaines situations, la prestation peut prendre la forme de l’attribution d’un bien, d’un droit d’usage et d’habitation ou d’un usufruit. La valeur du bien doit être déterminée avec précision, souvent avec l’intervention d’un notaire ou d’un expert.

La rente viagère

La rente viagère est exceptionnelle. Elle peut être décidée lorsque l’âge ou l’état de santé du bénéficiaire ne lui permet pas de subvenir à ses besoins. Le juge doit spécialement motiver cette modalité.

La prestation compensatoire peut-elle être révisée ?

Les règles varient selon la forme retenue. Un capital versé en une seule fois ne peut pas être révisé. Pour un capital échelonné, le débiteur confronté à un changement important de situation peut demander une modification du montant des échéances ou de leur échelonnement, sans réduire le montant total initial du capital.

Une rente peut être révisée, suspendue ou supprimée en cas de changement important dans les ressources ou les besoins de l’un ou l’autre des anciens époux. Une conversion de la rente en capital peut également être demandée dans certaines conditions.

Quel est le régime fiscal de la prestation compensatoire ?

Le traitement fiscal dépend notamment de la forme de la prestation et du délai de versement. Un capital acquitté dans les douze mois suivant le divorce n’est pas traité de la même manière qu’une rente ou qu’un capital versé sur une période plus longue. Les conséquences doivent être vérifiées au cas par cas au moment de la convention ou du jugement, au regard de la législation fiscale en vigueur.

Que se passe-t-il en cas de décès du débiteur ?

Le décès n’éteint pas automatiquement la prestation compensatoire. Le solde est en principe prélevé sur la succession dans la limite de l’actif successoral, selon les règles propres au capital ou à la rente. Les héritiers ne sont pas tenus au-delà de l’actif recueilli, sauf choix particulier prévu par la loi.

Le rôle de l’avocat dans l’évaluation et la négociation

L’évaluation d’une prestation compensatoire nécessite de reconstituer la situation économique du couple, d’anticiper les conséquences de la liquidation du régime matrimonial et d’examiner les perspectives professionnelles et patrimoniales de chacun.

Docteur en droit privé et avocate au Barreau de Marseille, Maître Aurélia Khalil intervient en droit de la famille à Marseille. Elle vous accompagne pour préparer les justificatifs, analyser une demande, négocier une solution équilibrée ou défendre vos intérêts devant le juge aux affaires familiales.

Pour obtenir un avis adapté à votre dossier, vous pouvez prendre rendez-vous avec le cabinet à Marseille.

Questions fréquentes sur la prestation compensatoire

Peut-on la demander dans un divorce pour faute ?

Oui. La prestation compensatoire peut être demandée dans tous les types de divorce. Le juge peut néanmoins la refuser lorsque le divorce est prononcé aux torts exclusifs de l’époux qui la réclame et que l’équité le commande au regard des circonstances de la rupture.

Le remariage du bénéficiaire supprime-t-il automatiquement la prestation ?

Non. Pour une prestation fixée par le juge, un remariage ne provoque pas automatiquement sa suppression. Il peut toutefois constituer un élément d’un changement important de ressources ou de besoins lorsqu’une rente est versée. Une convention de divorce amiable peut aussi prévoir certaines conditions.

Peut-on demander la prestation après le divorce ?

Non. La demande doit être formulée pendant la procédure. Une fois le divorce définitif, une nouvelle demande n’est plus recevable.

Sources officielles

Service-Public.fr – Prestation compensatoire
Légifrance – Articles 270 à 281 du Code civil

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