Vous êtes propriétaire d’un bien loué et votre locataire ne paie plus ? Vous hésitez entre faire appel à un avocat, à un huissier, ou aux deux ? La réponse est souvent : aux deux, mais pas pour les mêmes missions. Ce binôme avocat-commissaire de justice constitue la clé d’une procédure efficace et sécurisée. En tant qu’avocate en droit des baux d’habitation, je coordonne ces interventions pour mes clients bailleurs à Marseille.

 

Qui fait quoi ? Rôles complémentaires sans jargon

Le bailleur confronté à un litige locatif a besoin de deux professionnels aux compétences distinctes mais complémentaires.

L’avocat : analyse, stratégie, procédures et audiences

L’avocat intervient en amont et tout au long de la procédure. Son rôle commence par l’analyse du bail : quelles clauses sont prévues ? La clause résolutoire est-elle valable ? Existe-t-il une caution solidaire ? Ces éléments déterminent la stratégie à adopter.

L’avocat choisit la procédure adaptée à votre situation. Résiliation pour impayés avec clause résolutoire ? Résiliation judiciaire pour manquements graves ? Action en paiement seule ? Chaque option présente des avantages et des contraintes.

Il rédige les actes de procédure : assignation devant le tribunal, conclusions, demandes spécifiques (délais, article 700, dépens). Il vous représente à l’audience et plaide votre dossier.

Tout au long du processus, l’avocat coordonne les interventions du commissaire de justice. Il lui transmet les instructions, vérifie que les actes sont conformes et respectent les délais légaux.

Le commissaire de justice : signification, exécution et constats

Le commissaire de justice (anciennement huissier) exécute les actes matériels de la procédure. Il ne définit pas la stratégie : il met en œuvre les décisions prises par l’avocat et le bailleur.

Il signifie les actes : le commandement de payer, l’assignation, le jugement, le commandement de quitter les lieux. Sans signification régulière, ces actes n’ont pas de valeur juridique.

Il réalise les constats nécessaires : état du logement, dégradations, troubles, abandon. Ces preuves alimentent le dossier présenté au tribunal.

Après le jugement, il procède à l’exécution : recouvrement des sommes dues (saisies) et expulsion du locataire si le bail est résilié.

 

Le parcours « loyer impayé » : de l’amiable à l’exécution

Voici comment se déroule une procédure type pour impayés de loyers, avec la répartition des rôles entre avocat et commissaire de justice.

Phase 1 : négociation et mise en demeure cadrée (avocat)

Dès les premiers impayés, l’avocat adresse une mise en demeure au locataire. Ce courrier rappelle les sommes dues, les obligations contractuelles et les conséquences d’un défaut de paiement.

Cette phase amiable permet parfois de trouver un accord : paiement intégral, échelonnement, engagement formel du locataire. L’avocat sécurise cet accord par un protocole écrit.

Si le locataire ne réagit pas ou ne respecte pas ses engagements, la phase contentieuse s’engage.

Phase 2 : commandement de payer (commissaire de justice)

L’avocat demande au commissaire de justice (anciennement appelé huissier de justice) de délivrer un commandement de payer visant la clause résolutoire. Cet acte officiel constitue le point de départ de la procédure judiciaire.

Le commandement détaille les sommes réclamées (loyers, charges, indemnités) et reproduit les clauses légales obligatoires. Il informe le locataire qu’à défaut de paiement dans un délai de 6 semaines, la clause résolutoire sera acquise et le bail résilié de plein droit.

Si le bail prévoit une caution, le commandement lui est dénoncé dans les 15 jours.

Phase 3 : assignation, audience et décision (avocat)

À l’expiration du délai de 6 semaines, si le locataire n’a pas régularisé, l’avocat rédige l’assignation. Ce document saisit le tribunal et expose vos demandes : constat de la résiliation, condamnation au paiement des arriérés, expulsion, indemnité d’occupation.

L’assignation est signifiée par le commissaire de justice au locataire.

À l’audience, l’avocat présente le dossier au juge. Le locataire peut demander des délais de paiement (jusqu’à 3 ans) ou contester la dette. Le juge tranche et rend son jugement.

Phase 4 : commandement de quitter les lieux et expulsion (commissaire de justice)

Si le tribunal prononce la résiliation du bail et l’expulsion, l’avocat transmet le jugement au commissaire de justice pour exécution.

Le commissaire signifie le jugement au locataire, puis lui délivre un commandement de quitter les lieux. Ce commandement ouvre un délai de 2 mois minimum.

Si le locataire reste, le commissaire sollicite le concours de la force publique auprès de la préfecture. L’expulsion effective intervient avec l’assistance des forces de l’ordre.

Pendant la trêve hivernale (du 1er novembre au 31 mars), aucune expulsion ne peut avoir lieu, sauf exceptions prévues par la loi.

 

Pourquoi le binôme évite les « faux pas » procéduraux

La procédure d’expulsion pour impayés obéit à des règles strictes. Une erreur peut retarder le dossier de plusieurs mois ou entraîner son rejet.

Pièces manquantes ou incomplètes Le commandement doit reproduire certains articles de loi et mentionner des informations précises. L’assignation doit respecter un formalisme rigoureux. L’avocat vérifie que chaque document est conforme.

Preuves mal constituées Le décompte des sommes dues, les justificatifs de charges, les relances antérieures : ces éléments doivent figurer au dossier. L’avocat organise les preuves pour convaincre le juge.

Clauses du bail mal exploitées Certains baux contiennent des clauses favorables au bailleur (solidarité, garantie, résiliation automatique). D’autres comportent des irrégularités que le locataire pourrait invoquer. L’analyse préalable par l’avocat évite les mauvaises surprises.

Calendrier mal respecté Assigner avant les 6 semaines, oublier de dénoncer à la caution, laisser passer un délai de prescription : ces erreurs compromettent la procédure. Le pilotage par l’avocat garantit le respect des échéances.

 

Des situations concrètes résolues

Situation 1 : plan d’apurement validé et sécurisé Un bailleur faisait face à 8 mois d’impayés. Après délivrance du commandement de payer, le locataire a proposé un échelonnement. L’avocat a négocié les termes, sécurisé l’accord par un protocole homologué et maintenu la pression judiciaire. Le plan a été respecté. Le bailleur a récupéré l’intégralité des arriérés sans expulsion.

Situation 2 : procédure relancée après blocage Un propriétaire avait engagé seul une procédure. Le commandement, mal rédigé, avait été contesté par le locataire. Le dossier était bloqué depuis 6 mois. Après reprise du dossier, un nouveau commandement conforme a été délivré. L’assignation a abouti à un jugement d’expulsion 4 mois plus tard.

 

Transparence sur les coûts

La question des honoraires préoccupe les bailleurs. Voici comment se structure la facturation.

Les actes du commissaire de justice Les significations (commandement, assignation, jugement) suivent un tarif réglementé. Ces frais sont en principe recouvrables sur le locataire condamné. Les constats relèvent d’honoraires libres, à négocier au préalable.

Les honoraires d’avocat Plusieurs modes de facturation existent : forfait par étape, honoraire au temps passé, ou forfait global pour l’ensemble de la procédure. Demandez un devis détaillé avant de vous engager.

Dans mon cabinet, je privilégie la transparence : vous connaissez le coût de chaque étape avant qu’elle ne soit engagée. Pas de surprise en cours de procédure.

 

Questions fréquentes

Faut-il un avocat pour expulser un locataire à Marseille ? L’avocat n’est pas obligatoire devant le juge des contentieux de la protection (ex-tribunal d’instance). Cependant, la complexité des procédures et les risques d’erreur rendent son intervention fortement recommandée.

Qui délivre le commandement de payer : avocat ou huissier ? Le commandement est délivré par le commissaire de justice (huissier). L’avocat en vérifie la conformité et donne les instructions pour sa rédaction.

Quel est le délai après un commandement de payer ? Le locataire dispose de 6 semaines pour régulariser sa situation. Passé ce délai, si le bail contient une clause résolutoire, celle-ci est acquise et l’avocat peut assigner en justice.

Peut-on résilier le bail sans passer au tribunal ? Non. Même si le bail prévoit une clause résolutoire, le juge doit constater que les conditions de son application sont réunies. Une décision de justice reste nécessaire.

Combien de temps dure une procédure d’expulsion ? Comptez entre 6 mois et 18 mois selon la complexité du dossier, l’encombrement du tribunal et les délais accordés au locataire. La trêve hivernale peut prolonger ce délai.

 

Coordonnez votre action dès maintenant

Face à un locataire défaillant, l’improvisation coûte du temps et de l’argent. Une procédure bien menée, avec un avocat qui pilote et un commissaire de justice qui exécute, maximise vos chances de récupérer votre bien et vos loyers.

Je vous reçois pour évaluer votre situation, déterminer la meilleure voie (amiable ou judiciaire) et organiser l’intervention coordonnée avec un commissaire de justice.

Prendre rendez-vous avec Maître Aurélia Khalil

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